José Miguel Ferreira appréhende la vallée du Douro non comme un territoire géographique, mais comme une cartographie des espaces ressentis. Sa démarche s'inscrit dans une déconstruction de la temporalité linéaire, où Gaia, Porto et le Douro fusionnent en une topographie de la mémoire. À travers une recherche sur la superposition des plans et l'étagement des terrasses, le photographe explore la tension entre la matérialité du paysage et l'immatérialité des sensations, transformant le relief montagneux en une partition visuelle.
La lumière, élément structurel de sa pratique, n'est pas utilisée pour décrire mais pour absorber le regard dans une quête de l'insondable. La vallée devient alors le théâtre d'une expérience synesthétique où la composition photographique répond à une mesure musicale, traduisant les virages de la route en lignes mélodiques. Cette approche phénoménologique rejette la fragmentation pour privilégier l'unité du Tout, où chaque image constitue la pièce d'un puzzle mémoriel en perpétuelle reconstruction.
Dans cette errance entre montagne et fleuve, Ferreira définit une poétique de la liberté et de l'imagination. La solitude qui émane de ses clichés est une construction plastique visant à extraire l'essence atemporelle du lieu. En se laissant absorber par le rythme des éléments, il livre une méditation sur l'éternel retour, où le paysage se métamorphose en une écriture sensible, à la frontière de l'abstraction et du témoignage humaniste.