À l’occasion de sa seconde participation au Mois de la Photographie à Paris, la galerie PHOTO4 présente 30 tirages argentiques de Bruno Bourel, tous réalisés à Budapest, sa ville d’adoption depuis 1989.
Le travail quotidien nous met en contact avec une infinité de combinaisons, que le hasard mène — ou non — à leur accomplissement. Le photographe tente d’extraire le présent pour le projeter dans une sphère où les repères temporels s’effacent.
Ces combinaisons infinies de la vie m’ont conduit un jour à Budapest — puis encore, et encore. Regarder sans fin : qui se cache derrière une porte, qui traversera une cour. Paysage quotidien fait de rues, d’autobus, de tramways, de cafés, de trottoirs ; rituels de marche, semelles usées, cadrage de ce qui advient.
Tout cela vous mène partout — ou nulle part. Guidé par la lumière, je ne sais pourquoi je prends une rue plutôt qu’une autre. Mais je sais que je rentre toujours chez moi, que je monte les escaliers, que je regarde par la fenêtre.
Ceux qui connaissent la ville ressentiront sans doute la sueur de l’histoire dans chaque image. Pour les autres, qu’elles éveillent la curiosité et l’imaginaire.
Photographier est nécessaire : être présent, patient, saisir l’insaisissable.
Le sujet n’est déjà plus là. Ne subsistent que les vestiges fragiles d’un moment : un sac en vinyle, des cocardes, un appareil en bakélite. Peut-on saisir une foule, voir à travers elle, à travers ces années 1990 ?
Les temps hongrois sont faits d’intensité — colères, injustices, manteaux de tweed rugueux. Il faut photographier, même avec un appareil soviétique.
— Parti Nagy Lajos