Réunies sous le titre Ni d’ici ni d’ailleurs, les œuvres de Isabelle Taourel et de Sergeï Isakov composent une exposition à deux voix, où le paysage devient le lieu d’une expérience intérieure autant que d’un déplacement réel.
Chez Isabelle Taourel, le territoire est traversé par la notion d’exil. Ses séries — Exil Zinc, Anthropos, Par-être, Comment dire — déploient une géographie fragile, faite de fragments, d’effacements et de seuils. Le paysage n’y est jamais stable : il glisse, se dérobe, devient le support d’une quête identitaire où l’on cherche autant à habiter qu’à nommer. L’image se fait langage incertain, tentative de dire ce qui échappe.
En contrepoint, Sergeï Isakov développe avec Un jardin en hiver une vision épurée et presque silencieuse du monde. Son « paysage blanc » — récurrent dans son travail — ne relève pas d’une simple esthétique, mais d’une mise à distance du réel. Le blanc y agit comme un espace de suspension : il absorbe les repères, dilue le temps, et ouvre une dimension méditative où le regard se resserre sur l’essentiel.
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