En 2000, la Galerie Lucie Weill & Seligmann accueille une exposition autour de Ex Libris, projet photographique de Ralph Gibson, accompagnée d’une présentation du livre éponyme.
À cette occasion, l’exposition se construit comme une extension de l’ouvrage, conçu non comme un simple catalogue mais comme une œuvre autonome. Depuis les années 1970, Gibson développe en effet une pratique où le livre constitue un espace de création à part entière, structurant la lecture de ses images autant que leur diffusion .
Ex Libris marque un déplacement significatif dans son travail. Là où ses séries antérieures exploraient le corps, l’objet ou l’architecture dans une tension souvent érotique et fragmentaire, ce projet prend pour objet le livre lui-même. Manuscrits, typographies, pages imprimées, bibliothèques et signes graphiques deviennent les motifs d’une réflexion visuelle sur la mémoire et la transmission.
Les images, réalisées à la fin des années 1990, procèdent par fragments et juxtapositions : détails de pages, reliures, inscriptions, formes typographiques isolées. Décontextualisés, ces éléments perdent leur fonction première pour devenir des formes autonomes, proches de l’abstraction.